A la une >>

Logement et hébergement

Un plan triennal pour réduire le recours à l’hôtel

Publié le mardi 3 février 2015

En France, plus de 140 000 personnes sont sans domicile. Faute de places dans les structures d’hébergement, elles sont souvent accueillies dans les hôtels. Un plan en trois ans prévoit de limiter le recours à cette "non solution" et de développer les solutions alternatives comme Solibail.

Mieux accompagner dans les hôtels

3 février 2015 | Mis à jour le 30 mai 2016

Pour ne pas laisser les personnes hébergées à l’hôtel sans évaluation sociale, le gouvernement prévoit un plan pour mieux les accompagner.

Les personnes hébergées à l'hôtel vont bénéficier d'un meilleur accompagnement social.

Les personnes hébergées à l'hôtel vont bénéficier d'un meilleur accompagnement social. - Crédits photo : Arnaud Buissou / MLETR

L’hébergement à l’hôtel, quand il devient non plus une réponse à l’urgence, mais une "solution" qui s’installe dans le temps, ne permet pas de mettre en place un véritable accompagnement social des personnes. C’est l’une des principales raisons de l’échec de cette forme d’hébergement.

Pour accompagner au mieux ces personnes, le gouvernement prend des mesures pour évaluer les situations afin que les personnes bénéficient d’un accompagnement adapté à leur situation.

Une évaluation sociale pour chaque famille hébergée et des interventions mieux coordonnées

L’Etat s’engage à ce que toutes les familles hébergées puissent bénéficier d’une évaluation sociale. Cette évaluation sera effectuée par les équipes financées par l’Etat (en Ile de France, équipes mobiles aujourd’hui portées par la Croix Rouge) dont l’intervention sera renforcée.

Un accès facilité à l’aide alimentaire 

L’enquête Enfams du Samu social de Paris (auprès de 801 familles hébergées en Ile-de-France au premir semestre 2013) a mis en évidence une situation critique sur l’alimentation des familles hébergées : 8 familles sur 10 et 2 enfants sur 3 souffrent d’insécurité alimentaire.

Il apparait nécessaire d’améliorer l’information des personnes hébergées et des intervenants sociaux sur les lieux de distribution (parfois éloignés des hôtels) gérés par les associations d’aide alimentaire. Et quand les personnes hébergées ont accès à des denrées, celles-ci ne sont pas forcément adaptées ni aux besoins nutritionnels ni à l’absence de cuisine dans leur hébergement.

Pour une meilleure prise en compte des besoins alimentaires des familles hébergées, 2 axes d’action :

  • Mobilisation et coordination des acteurs pour une aide alimentaire plus accessible ;
  • Mise à disposition d’aliments adaptés.

Une meilleure organisation de la domiciliation

La domiciliation administrative permet à des personnes qui n’ont pas de domicile stable de disposer d’une adresse pour recevoir du courrier, pour accéder à certains droits (délivrance d’un titre national d’identité), à des prestations sociales légales et à des services du quotidien. Un décret du 16 mai 2016 est venu, en application de la loi Alur, simplifier la prise en charge de la domiciliation.

Dans le cadre du Plan, les services de l’Etat auront comme priorité :

  • de veiller à ce que chaque département se dote dans les plus brefs délais d’un schéma de domiciliation, en prenant en compte les personnes hébergées en hôtel ;
  • de mieux répartir, au niveau régional, la prise en charge des familles hébergées dans les départements, afin d’éviter par exemple que deux départements assument seuls ces prises en charge.

Une attention particulière apportée à la santé mentale

L’enquête ENFAMS du Samu social dresse un constat alarmant en termes de santé mentale pour les familles hébergées. Les femmes isolées avec enfants notamment sont très touchées par la dépression.

Les équipes mobiles psychiatrie et précarité seront mobilisées pour intervenir au moment de la phase d’orientation des familles, et ainsi repérer les personnes qui présentent des besoins spécifiques pour les orienter vers une prise en charge adaptée. Elles devront aussi formaliser leurs liens avec les acteurs sociaux et renforcer leur action auprès des familles hébergées en hôtel.

Les agences régionales de santé (ARS) élaboreront et diffuseront des outils destinés aux travailleurs sociaux afin de les aider à repérer les troubles psychiques et à orienter les personnes vers les structures adéquates.