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Logement et hébergement

Un plan triennal pour réduire le recours à l’hôtel

Publié le mardi 3 février 2015

En France, plus de 140 000 personnes sont sans domicile. Faute de places dans les structures d’hébergement, elles sont souvent accueillies dans les hôtels. Un plan en trois ans prévoit de limiter le recours à cette "non solution" et de développer les solutions alternatives comme Solibail.

Développer des solutions alternatives à l’hôtel

3 février 2015 | Mis à jour le 4 mars 2015

Solibail coûte deux fois moins cher que l’hébergement à l’hôtel. C’est ce type de solutions alternatives que le gouvernement veut développer. 13 000 places nouvelles seront financées sur la période 2015-2017.

Le centre de la Mie de pain à Paris accueille les sans-abri et les accompagne vers le logement.

Le centre de la Mie de pain à Paris accueille les sans-abri et les accompagne vers le logement. - Crédits photo : Arnaud Buissou / MLETR

Le plan de réduction des nuitées hôtelières est fondé sur un mécanisme simple : l’hôtel coûte plus cher que les solutions alternatives, comme Solibail, il s’agit donc de mieux utiliser les crédits.

Le gouvernement va donc dégager les crédits de 10 000 nuitées sur trois ans, soit 22 millions d’euros par an, pour créer 13 000 places dans les dispositifs alternatifs.

L’hébergement d’une personne à l’hôtel coûte en moyenne plus de 6 000 euros par an, mais seulement 2 400 euros dans un appartement Solibail ou 5 500 dans un logement adapté.

9 000 places nouvelles dans Solibail

Elles viendront s’ajouter au 10 500 places déjà disponibles dans ce dispositif dit « d’intermédiation locative  ».

L’intermédiation locative permet de louer à moindre coût des logements dans le parc privé, en accord avec des propriétaires solidaires qui ont toutes les garanties de loyer et de remise en état de leur appartement, pour héberger et accompagner des personnes en réinsertion par des organismes spécialisés dans la lutte contre l’exclusion.

1 500 places en logement adapté : pensions de famille ou maisons-relais

Les pensions de familles ou maisons-relais sont des structures de petite taille (15 à 25 logements, principalement des studios) offrant un cadre sécurisant à des personnes isolées, désocialisées, ayant fréquenté de façon répétitive des structures d’hébergement provisoire et des hôtels. Pour ces personnes, se retrouver seules dans un logement et en assumer toutes les contraintes est impossible. Là elles vont bénéficier de la présence quotidienne d’un responsable de pension de famille, « l’hôte » qualifié dans le domaine social et/ou de l’insertion, qui pourra les accompagner vers l’autonomie et être là en cas de difficultés. Ces solutions sont particulièrement adaptées pour les personnes qui peuvent cumuler des difficultés économiques, sociales mais aussi de santé.

2 500 places d’hébergement dans des centres dédiés aux familles ou dans des logements sociaux vacants

Des nouveaux centres d’hébergement adaptés aux familles sont indispensables, ainsi que la création de places d’hébergement dans le diffus (logements sociaux vacants…), afin de permettre une prise en charge plus souple des personnes dont la situation ne permet pas, à court-terme, l’accès au logement (absence totale de revenus, situation administratives complexes, etc.)

6 000 places POUR les demandeurs d’asile

Plus de 6 000 places seront dédiées aux demandeurs d’asile actuellement hébergés à l’hôtel, ou dans des structures spécialisées dans l’accueil, l’accompagnement et l’hébergement des demandeurs d’asile.

Ces structures sont gérées par des opérateurs nationaux (comme ADOMA) sur la base d’appel à projets. Elles offrent un hébergement pour les personnes en demande d’asile qui sont accompagnées pendant toute la durée d’instruction de leur dossier par des équipes de professionnels qualifiés. 6 000 places seront créées sur la durée du plan pour des demandeurs d’asile actuellement hébergés à l’hôtel.

Plus de 38 millions d’euros seront consacrés à cette mesure sur trois ans.