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Logement et hébergement

Un plan triennal pour réduire le recours à l’hôtel

Publié le mardi 3 février 2015

En France, plus de 140 000 personnes sont sans domicile. Faute de places dans les structures d’hébergement, elles sont souvent accueillies dans les hôtels. Un plan en trois ans prévoit de limiter le recours à cette "non solution" et de développer les solutions alternatives comme Solibail.

En finir avec l’hébergement à l’hôtel

3 février 2015 | Mis à jour le 4 mars 2015

Faute de places dans le centres d’hébergement, de nombreuses personnes démunies sont accueillies dans les hôtels. Un plan veut réduire ce recours à une solution qui n’en est pas une.

Une équipe de maraude en banlieue parisienne

Une équipe de maraude en banlieue parisienne - Crédits photo : DRIHL - MLETR

En France, le nombre de personnes sans domicile est en forte croissance depuis le début des années 2000. Selon l’Insee, plus de 140 000 personnes vivent aujourd’hui sans toit. Un chiffre qui a augmenté de 44 % entre 2001 et 2012.

Pour mettre à l’abri ces personnes, il existe des structures d’hébergement, mais face à cet afflux, elles ne peuvent répondre à la demande. Les opérateurs en charge de la veille sociale, comme le Samu social, enregistrent chaque année un nombre croissant de demandes insatisfaites : des gens font le 115 et ne peuvent être accueillis faute de places.

L’hôtel ... une solution d’urgence qui dure

Pour palier ce manque de places, l’Etat et les associations paient des nuits à l’hôtel pour loger temporairement les sans abris. Le plus souvent des familles. En 2014, on estime à 40 000 le nombre de ces nuitées. Un chiffre, là encore, en augmentation.
Plus difficile encore, cette situation de vie à l’hôtel, qui devrait être temporaire et liée à une urgence, s’installe dans le temps. Privant les personnes d’une réelle insertion, faute d’accompagnement social suffisant, et les contraignant à vivre dans des conditions difficiles : problèmes de déscolarisation des enfants qui doivent changer souvent d’hôtels avec leurs familles, conditions d’hygiène déplorables, insécurité alimentaire, manque d’accès aux droits et aux soins...Un toit certes, mais pas une vie.

Face à ces situations douloureuses, le gouvernement est mobilisé :

  • plus d’1,3 milliard euros sont consacrés chaque année à la politique de l’hébergement et de l’accès au logement ;
  • 7 000 places nouvelles ont été créés dans les centres d’hébergement en plus des 7 600 places de logement adapté ;
  • l’Etat poursuit son objectif de fin de gestion saisonnière en anticipant la fin de la période hivernale et en pérenisant certaines places d’hébergement d’urgence ouvertes en hiver.
Une mère, un père, deux fillettes à l’hôtel : témoignage

A Issy-les-Moulineaux, Rueil-Malmaison, Paris, en Seine-et-Marne, chez son frère, chez une amie... cette femme de 37 ans, ses deux petites filles et son mari, ont été hébergés un peu partout. « C’était compliqué, certains hôtels n’avaient pas d’eau chaude, c’était sale parfois, les filles mangeaient mal...  ».
Impossible de faire des courses, de garder de quoi manger sans frigo. Toutes les affaires sont rangées dans trois valises prêtes au départ en fonction des propositions d’hôtel du 115.
Désormais accueillis dans une association des Hauts-de-Seine, ils vivent dans deux chambres : les lits sont faits dès 9 h, les peluches jonchent le lit d’une petite fille de deux ans, le frigo maintient les jus et les yaourts au frais... et ils doivent rejoindre un logement Solibail.

13 000 places alternatives à l’hôtel

Pour réduire le recours à l’hôtel, le gouvernement met en place un plan triennal :

  • Créer 13 000 places en dispositifs alternatifs sur trois ans :
    - 9 000 places en intermédiation locative de type Solibail ; 
    - 1 500 places en logement adapté (pensions de familles ou maisons-relais),
    - 2 500 places d’hébergement dans des centres dédiés aux familles ou dans des logements sociaux vacants ;
  • Proposer des hébergements alternatifs à 6000 demandeurs d’asile actuellement hébergés à l’hôtel ;
  • Améliorer les conditions de vie et renforcer l’accompagnement des personnes encore hébergées à l’hôtel.

Au total, l’Etat mobilisera un budget de 105 millions sur trois ans pour la mise en oeuvre de ce plan.