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Remise du Grand Prix de l’Urbanisme 2015

26 novembre 2015

Sylvia Pinel a prononcé un discours ce mercredi 25 novembre lors de la remise du Grand Prix de l’Urbanisme 2015

Messieurs les Députés-Maires, Mesdames et Messieurs les maires, les élus, Monsieur le Directeur Général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature, Madame l’Inspectrice générale du développement durable, chère Ariella Masboungi, Mesdames et Messieurs les professionnels,
Mesdames et Messieurs,

Il y a 12 jours, ce vendredi 13 novembre, à Paris et à Saint-Denis, ce sont nos villes, notre pays, nos libertés, qui ont été touchées en plein cœur.
La France a été attaquée car nous sommes un peuple libre.
C’est cette France, sa jeunesse, sans distinction d’origine, de couleur ou de religion qui était ciblée, délibérément. Celle qui aime la vie, la culture, le sport, la convivialité et la fête.
Ces circonstances – et parce que l’urbanisme poursuit au contraires les voies d’une ville heureuse – ôtent à votre cérémonie son caractère festif, au profit d’une plus grande solennité.

Je tenais cependant à être des vôtres pour ce grand rendez-vous annuel qui met à l’honneur les urbanistes, les approches et les projets.
Je remercie celles et ceux qui concourent à sa réussite. Et je tiens tout particulièrement à saluer Ariella Masboungi, qui en est la grande organisatrice.

Au-delà des personnalités récompensées, ce Grand Prix est toujours l’occasion de valoriser une vision de l’aménagement du territoire. Il met à l’honneur, une pensée, des savoirs et des pratiques innovantes, qui permettent de mieux bâtir aujourd’hui, la cité de demain.
Depuis sa création, il y a plus de 25 ans, il a distingué des professionnels, très divers, à la fois au regard de leurs profils et de leurs apports.
Tous mettent leur vision, leur créativité et leur passion au service de l’amélioration du quotidien de nos concitoyens.
Les trois tables rondes de cet après-midi, autour des thématiques chères à Gérard Pénot, que je salue chaleureusement, ont permis d’échanger sur la question du rôle des espaces publics pour « faire société ».
Je tiens également à remercier l’ensemble des participants : urbanistes, architectes, élus et praticiens, qui ont contribué à la richesse de vos travaux.
Je suis aussi convaincue que vos compétences et votre expertise doivent être mises au service de tous les territoires et de leurs habitants. Que ce soit dans les métropoles, dans les agglomérations, dans le périurbain, dans les bourgs, ou dans l’espace rural et vous savez que c’est un sujet qui m’est cher.

Cher Gérard Pénot, vous avez œuvré, avec vos équipes de l’Atelier Ruelle, sur des terrains divers, variés, qui reflètent bien la diversité de notre pays.
Dans des villes industrielles en reconversion, comme à Saint Nazaire, ou à Saint Etienne ;
Dans des grandes agglomérations, à Paris ou à Lyon ;
Dans des villes de banlieue (Massy ou Cergy) ou des villes moyennes du grand ouest.
Mais aussi dans des communes plus petites : Saint-Jean-de-Monts, Herbignac ou Veules-les-Roses, dont vous avez magnifié le bord de mer, pour en faire un lieu de rencontres et d’échanges particulièrement agréable.
Récemment, vous avez été lauréat de l’accord-cadre de maîtrise d’œuvre urbaine des ZAC Marne-Europe et Boutareines, autour de la future gare de la ligne 15, du Grand Paris Express.
En accompagnant ce projet, vous participez activement à la réflexion globale sur la construction de cette métropole.
Elle concentre les grands enjeux urbanistiques actuels et constitue une formidable opportunité de réduire les déséquilibres et les inégalités existants entre les villes et les quartiers qui la composent.

Cher Gérard Pénot, récemment vous définissiez une ville comme « une sorte de monstre qui possède différents corps : économique, social et culturel… Cette ville peut donner la sensation d’un corps unifié, mais c’est en réalité un assemblage composé de corps multiples ».
Et d’ajouter : « Ce qui me passionne, c’est la mécanique des interactions. Il faut trouver ce qui réveille l’attention et l’intérêt de chacun des corps ».
Cette définition résume assez bien votre parcours, vos questionnements et vos préoccupations. Et traduit, votre conception originale et créative de vos approches.
C’est ce rapport aux corps, que l’on retrouve dans votre travail et qui sert de fil conducteur à votre livre et aux échanges que vous avez animés cet après-midi.
La « ville au corps à corps » renvoie en effet à la fois à une forme de combat, mais aussi à une étreinte.
Au cœur de votre conception et de votre pratique de l’urbanisme, figure également la question des usages, de la perception par l’habitant de son environnement ; de la manière dont il l’appréhende, se l’approprie.
Vous aimez à vous présenter comme « urbaniste avant tout » pour, je reprends vos mots, « construire une ville plaisante ».../...

Le discours dans son intégralité : Remise du Grand Prix de l’Urbanisme 2015 (PDF- 143.2 ko)