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Qu’est-ce que l’égalité des territoires ?

2 octobre 2013| Mis a jour le 11 janvier 2016

La notion d’égalité des territoires est à mettre en regard des inégalités constatées et de plus en plus importantes depuis une dizaine d’années. L’égalité est inséparable de la question territoriale. Il faut arrêter d’opposer rural/urbain, territoires riches, territoires pauvres. La notion d’égalité peut s’entendre comme la fin d’une forme de compétition territoriale fondée sur un critère d’excellence. Selon où l’on habite, on doit avoir accès aux services élémentaires, on doit pouvoir bénéficier d’une qualité de vie (développement durable), on doit pouvoir se développer grâce aux dynamiques locales.


Restaurer « l’égalité des territoires » est une ambition forte du Gouvernement. Il s’agit, conformément au pacte républicain, de restaurer l’égalité des chances quel que soit le lieu de naissance, de résidence ou de travail.

Donner à chaque territoire les moyens de son développement

Le ministère de l’Égalité des territoires et du Logement a en charge le développement équilibré et durable de tous les territoires français, dans leur grande et riche diversité. Cette question se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que les inégalités d’accès aux droits, à l’emploi, à la santé, à l’éducation sont réelles. Au cœur d’une grosse agglomération ou dans une zone reculée et peu dense, les choix d’avenir ne sont pas les mêmes. Il suffit de songer aux contraintes de transport dans certaines régions, aux difficultés d’accès à l’emploi dans les zones sensibles, à la désertification médicale dans les campagnes pour comprendre que des mesures de réparation, de solidarité et d’égalité doivent être mises en œuvre. Il est injuste de refuser à un jeune une formation au motif que sa région n’en dispose pas. Il est tout aussi inégalitaire de faire attendre des heures une personne pour une intervention médicale urgente, quand elle peut se dérouler plus rapidement ailleurs.

Pour autant, une politique d’égalité des territoires ne s’entend pas comme la recherche d’une homogénéisation : faire la même chose partout. Il s’agit bien plutôt de donner à chaque territoire des capacités de développement propres, en rapport avec ses atouts et ses spécificités. Il faut sortir d’une logique de compétition pour aller vers une logique de solidarité et de développement durable. L’avenir de chaque territoire dépend de sa capacité à bien gérer ses propres ressources, tout en assurant un épanouissement de ses habitants.

Comment y parvenir ?

  • Par un meilleur accès aux droits élémentaires : l’éducation, le logement, la santé…
  • Par un meilleur accès aux services, compris au sens large du terme : services publics, commerces de proximité…
  • Par une nouvelle forme de solidarité financière. En concentrant notamment les moyens sur les territoires les plus en difficulté
  • Par le développement des nouvelles technologies. Le numérique est une chance nouvelle pour les territoires. Il s’affranchit des contraintes géographiques et autorise le développement de services et usages qui sont autant de leviers au service de l’innovation, de la redynamisation des territoires et du renforcement du lien social. 
  • Par une nouvelle forme de relation de l’État avec les collectivités locales.

D’une manière générale, cette politique s’attache à détecter les potentiels, les talents des habitants, à mettre en valeur les ressources locales et à adopter une stratégie de revitalisation durable de chaque territoire.

Territoires : quelles inégalités ?
Il est difficile d’établir une typologie des inégalités territoriales, tant les situations spatiales, économiques, sociales et même démographiques sont diverses. On peut néanmoins relever plusieurs types de territoires particulièrement touchés par les difficultés :
les zones urbaines sensibles, dans lesquelles les populations cumulent les difficultés : taux de chômage élevé, niveau de formation faible, discrimination, insécurité…
les zones rurales touchées par des pénuries de services : accès à la santé, à l’emploi, aux transports, aux services publics en général. Ces zones sont par ailleurs souvent isolées et ont difficilement accès aux nouvelles technologies.
Les territoires désindustrialisés minés par le chômage, les difficultés économiques et sociales, et les dégradations environnementales.
Les territoires périurbains souvent affectés par l’érosion du lien social, et dans lesquels l’éloignement par rapport au centre de l’agglomération et aux lieux de travail pèse sur la qualité de vie des habitants.