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Aménagement et urbanisme

Palmarès des jeunes urbanistes

Publié le lundi 4 juillet 2016

Le Palmarès des jeunes urbanistes valorise de jeunes professionnels remarqués pour leur approche particulièrement innovante ou inventive. Depuis 2005, 66 urbanistes, en France comme à l’international, ont été récompensés.

Palmarès des jeunes urbanistes 2014 : le pari du risque

16 décembre 2014 | Mis à jour le 5 octobre 2015

Ils ont moins de 40 ans, ils innovent sur des territoires denses ou pas, ruraux, ou pas : ce sont les huit jeunes lauréats du palmarès des jeunes urbanistes remis lundi 15 décembre par la ministre, Sylvia Pinel.

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Pour l’édition 2014 de ce palmarès, instauré en 2005, le ministère a choisi « des professionnels capables de prendre des risques et de défricher de nouveaux territoires », explique le président du jury, en charge de l’aménagement durable au ministère.

Quand l’urbanisme s’éloigne des villes

Le risque majeur pris par ces jeunes urbanistes, c’est peut-être de réfléchir à des territoires en lisière, à la marge, de penser les interstices, les centres-bourgs, les zones péri-urbaines... finalement de se décaler de la ville dense. Voire de réfléchir à « un urbanisme agricole », comme le fait l’agence Fabriques architectures, dans laquelle deux frères, Rémi et Pierre Janin, fils d’agriculteurs. Ils vivent et travaillent à la ferme familiale dans la Loire. Eux ont expérimenté des projets d’estives et de bergers urbains sur ce type de territoires. "On pense que la ville peut porter de réels projets agricoles productifs », explique Rémi Janin. Ils ont ainsi imaginé des maraîchers s’installant dans les interstices urbains des zones commerciales et passant contrats avec les communes pour valoriser leur production.

Micro-interventions, invisibilité : ça change tout

Volga, atelier d’urbanisme et de paysage, affectionne les centres-bourgs : « Ceux qui perdent de la vitesse, mais où il nous semble possible d’amener de la densité et où la réflexion sur le patrimoine du quotidien, le paysage, les lisières... permet de travailler ».
S’ils prennent le risque de « l’à-côté », les lauréats jouent aussi avec le risque des « petites choses », « de la modestie des réalisations », revendiquées tant par Baptiste Le Brun, lauréat pour la Semaest de Paris, que par Marie Alléaume du collectif GRUE, lauréate avec Nathanaëlle Baës-Cantillon. Toutes deux plaident pour « de micro-interventions ». « On peut faire changer les choses avec peu de moyens. L’urbanisme a souvent à faire avec des choses invisibles ». Le pari du "peu", mais qui, bien pensé, permet presque « d’anonymiser le quartier », poursuit Baptiste Le Brun, à la manœuvre sur le quartier Sainte-Blaise à Paris. Il a imaginé dans ce quartier hypra dense, d’éliminer les barrières physiques autour du quartier, et même de créer une nouvelle rue. Les arrières d’immeubles, où les habitants jetaient leurs déchets voici quelques années, dessinent aujourd’hui une rue. Désormais, elle conduit les piétons vers la station de tramway en longeant des espaces ouverts.

Pour parvenir à repenser ces espaces, il faut surtout les regarder fonctionner, en comprendre les usages. C’est le credo de Stéphane Malek, qui a passé sept mois à ausculter la vie de 13 jardins collectifs à Montreuil, en appliquant à l’urbanisme les méthodes acquises en sciences humaines.

Faire construire par les habitants


Et les habitants ? Repenser leur vie c’est bien, le faire avec eux, c’est encore mieux. Pour améliorer la fameuse concertation, souvent prétexte, les jeunes lauréats, notamment l’équipe d’Atelier Georges, ont inventé de nouvelles interventions. « Dans notre travail, l’aménagement est conçu non comme un but, mais comme un moment d’échanges où se définit le cadre : une table de négociation, à laquelle sont invités les acteurs. Le projet n’est plus une addition de contraintes », expliquent les quatre membres de l’agence. D’autres comme Boris Bouchet, vont jusqu’à permettre aux habitants de construire une partie de leur futur lieu de vie. Il monte aussi des partenariats avec des artisans, des scieurs... pour construire des architectures contemporaines dans un contexte rural ou suburbain. Comme cette maison de retraite tournée vers la montagne, construite avec du bois local, installé par des menuisiers du cru... « C’est l’un des moyens de s’affranchir des contraintes économiques des projets », explique le jeune lauréat.

L’urbanisme moteur de la réconciliation

Cette façon de « négocier », c’est aussi le moyen d’inviter à la « table » de nouveaux acteurs de la ville, comme la foncière Terres de liens, les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), les collectifs... Acteurs à la marge, que les collectivités plus constituées peinent encore à associer aux projets, mais que les jeunes membres d’Atelier Georges associent eux, très naturellement.
Parfois, les jeunes urbanistes invitent aussi les habitants à donner un sens aux usages et à rejouer collectif. L’agence Lambert-Lénack, elle aussi lauréate, a ainsi, « fait découvrir aux habitants de Villetaneuse, leur intérêt commun à unir enfin ville et univeristé ». La ville leur doit ainsi, « la fin d’une histoire conflictuelle avec son université ». Nouvelle entente scellée autour d’un projet de « village universitaire », mi-piscine, mi salle polyvalente.


La liste des lauréats :

Plaquette de présentation des lauréats du palmarès des jeunes urbanistes 2014 (PDF- 4.2 Mo)