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En finir avec les bidonvilles : le Gouvernement confie une mission à Adoma

11 mars 2014 | Mis à jour le 21 mars 2014

Dans le cadre de la lutte contre le mal-logement, le Gouvernement et la société d’économie mixte Adoma viennent de signer une convention qui vise à résorber les bidonvilles. Objectif : dans les trois années à venir, faire progressivement disparaître cette forme d’habitat indigne sur le territoire français, en particulier en Île-de-France, mais aussi à la périphérie et au cœur de certaines grandes villes.

Des moyens d’intervention supplémentaires pour résorber les bidonvilles

Cette mission s’inscrit dans le cadre de la circulaire interministérielle du 26 août 2012, qui visait à anticiper les évacuations de campements illicites afin que soient proposées des solutions de relogement et d’intégration aux habitants qui sont contraints de vivre dans ces bidonvilles. Un an et demi plus tard, et malgré de nombreuses actions engagées, des difficultés dans l’application de cette circulaire ont été constatées dans certains territoires, en particulier sur le volet hébergement/accès au logement.

La ministre de l’Égalité du territoire et du Logement a donc souhaité mettre à la disposition des préfets des moyens d’intervention supplémentaires et a sollicité Adoma, opérateur public, reconnu dans le domaine de l’hébergement et de l’accès au logement, pour intervenir dans les territoires les plus concernés et où certains moyens peuvent manquer.

Les bidonvilles en France :

En janvier 2014, on compte environ 430 bidonvilles en France.
Près de la moitié de ces bidonvilles sont situés en Île-de-France.
19 000 personnes y vivent, dont plus d’un quart sont des enfants.

Une mission sur deux volets


La mission confiée à Adoma composée de 2 volets, mobilisables à l’initiative des préfets, en fonction des besoins identifiés sur leur territoire.

  • Une intervention en ingénierie sociale :
    Il s’agit de coordonner l’action des acteurs locaux (services de l’État, collectivités territoriales, associations), afin d’actualiser les diagnostics sociaux et de mobiliser les différentes ressources d’hébergement et de logement existantes sur un territoire  : centres d’hébergement, logements familiaux dans le diffus (secteur du logement social dans les zones détendues), patrimoine immobilier de l’État, des collectivités territoriales ou de certains établissements publics (hôpitaux, La Poste, SNCF, RFF...), foncier public disponible à la construction, places en hôtel.
    Dans ce cadre, la société Adoma sera aussi chargée de s’assurer de l’accès effectif des personnes aux dispositifs de droit commun : couverture santé, prévention et soins, aides sociales, aide alimentaire, scolarisation des enfants.
  • Une intervention en tant qu’opérateur de logement très social :
    Autre volet sur lequel les préfets peuvent recourir à Adoma : la mobilisation de l’ensemble de son parc qui compte environ 70 000 logements, répartis sur tout le territoire et dont un certain nombre son vacants.

L’intervention d’Adoma va s’inscrire dans les dynamiques territoriales, pour compléter et renforcer ce qui est mis en place localement.

Avec cette mission, le Gouvernement souhaite faire progressivement disparaître les bidonvilles qui constituent une forme d’habitat précaire, indigne et trop souvent dangereux pour la santé, voire la sécurité des personnes qui n’ont d’autre choix que d’y vivre.

La société Adoma :

Anciennement appelée « Société nationale de construction de logements pour les travailleurs » (Sonacotra), Adoma est une société d’économie mixte française dont le capital est détenu en majorité par l’État.
Cet opérateur de logement très social construit et gère un très grand nombre de dispositifs d’hébergement et de logement : foyers de travailleurs migrants, résidences sociales, pensions de famille, centres d’hébergement, centres d’accueil de demandeurs d’asile, aires d’accueil de gens du voyage…).
Elle loge et héberge à ce jour plus de 70 000 personnes. Créée en 1956, la Sonacotra avait été notamment missionnée par l’État dans les années 1970 pour résorber les bidonvilles qui s’étaient développés en France dans l’immédiat après-guerre.