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Discours d’ouverture de l’Assemblée générale de L’Agence nationale d’information sur le logement (ANIL)

15 septembre 2016 | Mis à jour le 20 septembre 2016

Emmanuelle Cosse a prononcé un discours le 15 septembre lors de l’ouverture de l’Assemblée générale de L’ANIL

Monsieur le Président, cher Hugues Saury,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est avec grand plaisir que j’ai répondu à votre invitation de prononcer le discours d’ouverture de votre Assemblée Générale. Je me réjouis que nous puissions être enfin réunis. En effet, nous avons le souvenir de l’annulation de votre AG le 2 juin dernier en raison des graves inondations qui ont touché la France et qui vous ont empêché de rejoindre Paris (en particulier votre président venu du Loiret).
Sur ces catastrophes dites naturelles, je me permets rapidement en introduction une incidente en tant que Ministre écologiste, en charge du Logement et de l’Habitat durable. Ces inondations et leurs douloureuses conséquences humaines ne sont pas seulement le signe d’un dérèglement climatique, c’est aussi une mise à l’épreuve de nos façons d’aménager, de construire, ainsi qu’une interrogation de notre gestion des sols. Gardons en tête au cours de nos débats qu’un logement, c’est aussi une histoire urbaine, un environnement naturel et humain au croisement de réseaux affectifs, économiques et de communication.

Je vous dis cela, car je suis convaincue qu’on ne peut pas avoir d’ambition pour nos politiques publiques nationales sans finesse dans les approches territoriales. En effet, le réseau que constituent les 79 Agences Départementales d’Information sur le Logement (ADIL) est un parfait exemple de cet indispensable changement d’échelle des actions publiques. Répartis dans 120 lieux différents et assurant des permanences dans 1000 mairies, maisons de justice, missions locales… vous construisez les relais pour informer sur les politiques en matière de logement.
Dans la tradition centralisatrice française, on a souvent cru qu’il suffisait de parler pour être entendu ; on sait aujourd’hui qu’il faut savoir être pédagogue et produire un discours adapté à ses interlocuteurs. Pour que les politiques publiques que nous lançons soient utiles et efficaces, elles doivent être connues et comprises de tous les acteurs. Vous jouez ce rôle de premier plan pour « faire savoir » et diffuser l’information. Les 835 000 consultations que vous avez assurées l’année dernière témoignent de votre forte implantation locale. Vous êtes identifiés dans vos départements comme des acteurs de référence du logement et l’ensemble du secteur bénéficie de vos actions.

La grande force des ADIL, c’est aussi de travailler au service de tous les publics :
-les particuliers bien entendu, qu’ils soient propriétaires, locataires du parc privé comme du parc social
-mais aussi les professionnels du logement au sens très large.

A une autre échelle et avec d’autres compétences, vous intervenez à un niveau national sur des dispositifs essentiels :

  • vous participez par exemple au Forum des politiques de l’habitat privé,
  • vous êtes aussi le point d’entrée pour le dispositif national d’intermédiation locative SOLIBAIL en-dehors de l’Ile-de-France,
  • vous portez les Observatoires locaux des loyers sur lesquels je reviendrai.

Dans votre engagement à adapter les politiques nationales aux spécificités locales, vous avez choisi de mettre votre table ronde sous le signe de la prévention et je ne peux que m’en satisfaire. C’est bien entendu votre cœur d’activité et il est important et utile que vous le questionniez. C’est aussi, vous le savez, une de mes préoccupations principales. L’information aujourd’hui, ce n’est pas un supplément de communication de nos politiques publiques, la cerise sur le gâteau qui permettrait de les rendre plus agréables à regarder ou plus attirantes. Non, quand on veut agir pour que chacun puisse avoir accès à un logement abordable, choisi, adapté à ses choix de vie, l’information est devenue un élément central de notre action. En matière de logement, informer c’est agir, informer c’est influencer le choix des acteurs, c’est prévenir les risques ou permettre à chacun de construire son parcours résidentiel.

Vous le voyez, faire l’inventaire de ce qui nous lie serait inutile et fastidieux tant nos préoccupations sont largement entremêlées. Je voudrais malgré tout cette année attirer votre attention sur un certain nombre de chantiers qui me semblent particulièrement structurants.

Je vais commencer par un chantier d’ampleur, un chantier qui doit nous mobiliser toutes et tous, un chantier que nous devons engager immédiatement pour en tirer collectivement des bénéfices à long terme : la rénovation énergétique.
Je crois que nous pouvons tout d’abord être fiers de votre engagement au sein des Points rénovation info service (PRIS) et des Espaces info énergie (EIE), qui sont particulièrement utiles pour accompagner les ménages dans leurs projets de travaux d’amélioration énergétique de leurs logements. 42 ADIL sont ainsi désignées pour répondre aux ménages éligibles aux aides de l’Anah et 12 ADIL gèrent des Espaces info énergie.
Nous comptons 80 000 consultations auprès de vos conseillers sur les questions de la rénovation énergétique. Parmi les nombreux partenaires qui animent les dispositifs locaux, votre place reste essentielle pour assurer un rôle d’information généraliste et transversale en matière de logement. Cela nous permet d’accompagner les propriétaires et locataires au plus près de leurs demandes et de leurs ressources.
La rénovation énergétique des logements me tient à cœur depuis de nombreuses années, d’abord dans mes précédentes responsabilités en Ile-de-France et aujourd’hui en tant que ministre.

Car cette rénovation relève d’un triple objectif :
1- d’abord social, en luttant contre la précarité énergétique des ménages les plus fragiles en leur permettant de réduire leurs factures,
2- mais aussi économique, en réduisant les consommations d’énergie et en créant de l’emploi de qualité et non délocalisable,
3- et bien sûr écologique en s’inscrivant dans une dynamique indispensable de transition énergétique dans les territoires. La COP21 a été l’occasion de démontrer l’engagement de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique et je suis heureuse d’y prendre toute ma part sur les sujets qui m’occupent.

Le discours d’Emmanuelle Cosse dans son intégralité (PDF- 245.5 ko)