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Discours d’Emmanuelle Cosse : passation de pouvoir

16 février 2016

Madame la Ministre,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et messieurs,
Cher-e-s ami-e-s,

C’est avec humilité et lucidité que je me présente aujourd’hui devant vous, pour prendre cette responsabilité du Ministère du Logement et de l’Habitat durable.

Je tiens tout d’abord à saluer et à féliciter Sylvia Pinel pour son action. Dans la foulée de Cécile Duflot, elle a montré que ce ministère du Logement est un ministère du quotidien, un ministère de la qualité de vie qui peut jouer un rôle considérable pour les Françaises et les Français.

C’est un ministère duquel sont partis de grandes lois pour l’égalité, de la loi SRU aux plus récentes, celle sur le foncier public jusqu’à la loi ALUR, des mesures portées par la gauche et les écologistes. Et c’est dans cette continuité que je m’engage à mon tour.

Je m’engage à le faire avec toute l’implication et la détermination possible, car nous sommes dans un contexte politique très compliqué. Beaucoup de Françaises et de Français perdent foi dans la politique et j’ai la conviction que ce n’est qu’avec des actes qu’ils retrouveront le chemin de la confiance.

Je vois aujourd’hui la difficulté à faire face à la montée de l’extrême droite. Je vois aujourd’hui les premières actions des majorités conservatrices dans les villes et les régions, et notamment les blocages vis-à-vis de la construction de logements, qui nous ramènent en arrière et divisent les populations en les montant les unes contre les autres.

Nous ne pouvons pas accepter que perdurent les ghettos, qu’ils soient de riches ou de pauvres.

Nous connaissons toutes et tous ici les constats de la crise du logement dans notre pays, la montée des inégalités liées au coût élevé du logement, l’impact du mal-logement sur la vie personnelle, professionnelle ou familiale. La présentation annuelle du rapport de la Fondation Abbé Pierre l’a encore redit la semaine dernière.

Sylvia Pinel a travaillé ces derniers mois sur un texte, Egalité et citoyenneté, dont je reprends le flambeau. J’aurai à cœur de le défendre, et notamment pour agir contre la ségrégation territoriale.

Le logement n’est pas un bien comme un autre, c’est un bien commun qu’une action vigoureuse des pouvoirs publics doit mettre au service de toutes et tous. Je m’engagerais ainsi pleinement dans la défense du logement social, capable d’accueillir une multitude de publics sans les opposer entre eux, y compris les réfugiés qui arrivent en France après un voyage harassant et qu’il faut accueillir dans la dignité, en leur proposant des solutions d’hébergement ou de logement de qualité.