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Bâtiment et construction

Protection incendie

Publié le mercredi 28 janvier 2015

Le point sur la réglementation en matière de sécurité incendie : pour les bâtiments d’habitation, pour les établissements recevant du public et pour les immeubles de grande hauteur.

Protection incendie dans les bâtiments d’habitation

3 septembre 2013 | Mis à jour le 8 janvier 2016

L’installation d’un détecteur autonome avertisseur de fumée (DAAF) est obligatoire dans tous les logements à compter du 8 mars 2015.

Les obligations réglementaires pour les bâtiments d’habitation neufs

  • Généralités

Les dispositions relatives à la protection des habitants contre l’incendie dans le bâtiment neuf sont inscrites dans le code de la construction et de l’habitation, à l’article R 111-13. Ses modalités d’application sont fixées par l’arrêté du 31 janvier 1986, qui vise essentiellement à assurer aux personnes une protection efficace dans des situations critiques, faciliter leur évacuation et l’intervention des secours.
Afin de préciser certaines dispositions de cet arrêté, la commission du règlement de construction a validé des fiches techniques d’interprétation.

L’arrêté du 31 Janvier 1986 constitue la référence réglementaire en ce qui concerne la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation neufs. Son champ d’application concerne les bâtiments d’habitation neufs dont le plancher bas de l’étage le plus haut est situé à moins de 50 m du niveau du sol accessible par les services de secours. Il s’applique également aux parcs de stationnement couverts, annexes des bâtiments d’habitation, dont la superficie est supérieure ou égale à 100 m2.

A la différence des ERP (Etablissements Recevant du Public), il n’y a pas de visite périodique pour contrôler la conformité du bâtiment à la réglementation. En revanche, dans le cadre du Contrôle du respect des Règles de Construction (CRC), un contrôle peut être réalisé concernant la sécurité incendie, dans un délai de trois ans après la déclaration d’achèvement des travaux de construction.

Les grands principes de cette réglementation visent à limiter la progression du sinistre, en isolant notamment les locaux à risques (caves, celliers, parc de stationnement, …), ralentir la progression de l’incendie (portes coupe feu…), faciliter l’intervention des services de secours, et permettre l’évacuation des personnes.


  • Point particulier Façades et Incendie

Les articles 12 à 14 de l’arrêté du 31 janvier 1986 traitent spécifiquement des façades. L’article 12 concerne les revêtements de façades des bâtiments de première et deuxième famille. Les articles 13 et 14 explicitent respectivement, pour les bâtiments de troisième et quatrième famille, la réaction au feu des revêtements de façades et les règles du C+D et de la masse combustible mobilisable.

Pour le dernier point ci-dessus, l’instruction technique numéro 249 relative aux façades (IT 249), datée de 1982, est référencée afin de définir le C+D et la masse combustible mobilisable pour les bâtiments de troisième et quatrième famille.

Une nouvelle IT 249 a été publiée en 2010, mais cette partie de l’arrêté du 31 janvier 1986 n’a pas été modifiée depuis. Cette nouvelle instruction technique présente notamment des solutions de mise en œuvre de façades, acceptables vis-à-vis du risque défini dans les règlements ERP et IGH.

Par ailleurs, de nouveaux éléments techniques viennent actuellement s’ajouter à ce corpus réglementaire relatif à la sécurité incendie pour les bâtiments d’habitation. En effet, des travaux sont en cours afin de caractériser le risque de différents systèmes de façade (campagnes d’essais LEPIR II). Des travaux réglementaires sur le sujet des façades des bâtiments d’habitation vont également être lancés.

Dans l’attente d’une modification réglementaire et au vu des premiers résultats d’essai, les ministères du logement, de l’écologie et de l’intérieur recommandent aux acteurs de la construction d’appliquer l’instruction technique 249 de 2010 relative aux façades pour tous les bâtiments d’habitation de troisième et quatrième famille tels que définis à l’article 3 de l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié.

Pour les bâtiments de première et deuxième famille, aucune exigence supplémentaire n’est requise : les exigences réglementaires actuelles sont aujourd’hui suffisantes pour ce type de bâtiment, en raison de la hauteur du bâtiment et de la probabilité d’occurrence d’un départ de feu.

Pour en savoir plus :

Les obligations réglementaires pour les bâtiments d’habitation existants

La loi n° 2010-238 du 9 mars 2010 (Journal officiel du 10 mars 2010 ) qui rend obligatoire l’installation des détecteurs de fumée (DAAF) a également prévu des mesures de sécurité à mettre en œuvre par les propriétaires dans les parties communes des immeubles pour prévenir le risque d’incendie. Ces mesures sont précisées dans le décret n° 2011-36 du 10 janvier 2011 relatif à l’installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d’habitation et dans l’arrêté du 5 février 2013 relatif à l’application des articles R. 129-12 à R. 129-15 du code de la construction et de l’habitation.

Ces mesures indiquent les consignes à respecter en cas d’incendie (elles doivent être affichées dans les halls d’entrée, près des accès aux escaliers et aux ascenseurs) et visent également à éviter la propagation du feu dans les dégagements et circulations des immeubles, notamment dans les cas où le départ de feu intervient dans les locaux à risques. Ainsi, ce sont des dispositions pragmatiques qui ont été retenues, comme par exemple la mise en place de portes pour séparer les locaux poubelles du reste du bâtiment. De plus, le coût raisonné de ces mesures permettra à l’ensemble des copropriétés de les mettre en œuvre.

Il s’agit d’installer des portes dans les parties communes des bâtiments d’habitation collective construits avant l’entrée en vigueur de la réglementation « incendie » actuelle (précisée dans l’arrêté du 31 janvier 1986), et pour les immeubles de grande taille (dont le plancher bas est supérieur à 28 mètres), entre les locaux poubelles et les autres parties du bâtiment, lorsque ces locaux ne s’ouvrent pas sur l’extérieur du bâtiment ou sur des coursives ouvertes.
Toujours pour ces grands bâtiments, lorsqu’il n’existe pas de porte entre les escaliers venant des sous-sols et le reste du bâtiment, des portes doivent être installées.

Hormis cette obligation d’installer des portes pour éviter la propagation du feu dans les parties communes, l’habitat existant est soumis, si elles existent, aux réglementations en vigueur lors de sa construction. Sa mise en conformité aux règlements de construction actuels est difficilement envisageable, compte tenu des incidences techniques et financières. Dans ce contexte, la circulaire du 13 décembre 1982 formule un ensemble de recommandations, pour la prise en compte de la sécurité lors de travaux de réhabilitation ou d’amélioration de l’habitat existant.

Toute intervention sur l’habitat existant doit obéir au principe de non diminution du niveau de sécurité antérieur : il faut s’assurer que les travaux ne vont pas aggraver le risque relatif à la sécurité et contribuent, dans la mesure du possible, à le réduire. Aussi, il convient d’être attentif aux conséquences de certains travaux sur le risque incendie :

  • installation d’un ascenseur
  • mise en place d’une isolation thermique
  • mise à nu d’éléments de structure sensibles au feu
  • aménagement de logement dans les combles (la configuration des toitures ou l’absence de fenêtres accessibles par les services de secours peut freiner, voire rendre impossible l’intervention des secours ou l’évacuation des occupants en cas de sinistre)